Vers un habitat basse consommation

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La France compte environ 30 millions de logements, 19 millions ont été construits avant 1975, ce qui représente 63% du parc existant. Les logements construits avant 1975 sont peu ou pas du tout isolés. Tout simplement car la première réglementation thermique date de 1974 imposant les premières règles d’isolation thermique sans contrainte particulière sur les équipements de chauffage, de ventilation, …

L’objectif facteur 4 de diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 nous laisse peu de temps soit 42 ans pour rénover 19 millions de logements, soit un rythme annuel de 450 000 logements à rénover par an ! Mais à quel niveau de performance énergétique ?

Le parc ancien cité consomme en moyenne entre 300 et 350 kWh/m² et par an pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Faut-il diviser par 2 ?
Consommer deux fois moins serait déjà une performance !
Mais cela est insuffisant. Seule la division par 4 donne un ratio de 80 kWh/m² et par an, dit référentiel de basse consommation énergétique. Pris en compte par des organismes comme Effinergie pour l’habitat rénové pour tous les usages : le chauffage, la climatisation, la ventilation, les auxiliaires, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage des locaux.

D’un autre côté, nos ressources d’énergie fossiles seront épuisées d’ici 60 ans environ si on ne change pas nos manières de consommer. Même si l’état des lieux actuel ne montre pas que la tendance mondiale est à la baisse (en émission de GES) à cause tout simplement de la forte croissance de pays comme la Chine et l’Inde, il semble que la France doive s’activer pour préserver notre avenir et notre dépendance énergétique qui sera de plus en plus onéreuse.


Maison avec capteurs solaires thermiques et capteurs photovoltaïques






Quelles solutions efficaces adopter pour réduire la consommation dans l’existant ?

Les crédits d’impôt sont certes incitatifs mais bien moins efficaces que la réglementation. La réglementation thermique dans le neuf a permit de diminuer de 50% la consommation énergétique au fil des réglementations depuis 1974. Avec comme prochain objectif de tendre vers des bâtiments neufs consommant moins de 50 kWh/m² et par an.
Il faut, à mon sens, opérer de la même manière en rénovation. Ce secteur si propice aux économies d’énergie n’a aujourd’hui que peu d’obligation avec la réglementation thermique. Seul le 19 mars 2007 instaure des exigences d’économie d’énergie dans les bâtiments existants, pour toute réhabilitation lourde de plus de 1000 m² avec obligation d’améliorer la performance énergétique du bâtiment. (Cette mesure est obligatoire à partir du 1er avril 2008 lorsque le coût prévisionnel des travaux de rénovation est important, soit des travaux supérieurs à 25% de la valeur du bâtiment hors foncier).


Pour quel objectif de performance énergétique en rénovation ?

Avec l’outil réglementaire, le plus efficace pour obtenir des résultats, l’objectif est une consommation référence de 80 kWh/m² et par an, dit référentiel de basse consommation énergétique. Incluant le chauffage, la climatisation, la ventilation, les auxiliaires, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage des locaux.


Les solutions basse consommation en rénovation sont-elles possibles ?

Les solutions existent que cela soit l’isolation par l’intérieur, la plus pratique en rénovation, ou le remplacement des vitrages; encore faut-il s’orienter vers des triples vitrages ou équivalent comme le font nos voisins allemands par exemple.

Pour la ventilation, point fondamental pour la préservation du bâti et la qualité d’air intérieure, la VMC double flux avec récupération d’énergie doit devenir une référentiel ou à défaut une VMC hygroréglable (adaptant les débits en fonction du taux d’humidité).

Pour les équipements de chauffage, les références sont à choisir exclusivement parmi les pompes à chaleur, les chaudières à condensation, qu'elles soient fioul ou gaz, et bien entendu les énergies renouvelables. Les solutions de chauffage électrique direct sont également très intéressantes dans un habitat très bien isolé, avec peu de déperditions. Les régulations et programmations chassant le moindre « kWh » inutile comptent aussi. Les solutions domotique sans fil sont particulièrement adaptées à la rénovation.

Le bois en milieu rural ou périurbain est une solution de chauffage efficace avec des chaudières ayant un rendement supérieur à 70%.

Le solaire thermique ? La croissance entre 2007 et 2008 de panneaux solaires est de + 47 % dans les applications d’immeubles collectifs. Ce qui veut dire que l’effet de volume rentabilise l’investissement. De même, le solaire photovoltaïque également est un outil adapté à la rénovation.

Objectivement, il est possible de transposer les solutions de chauffage et de performance énergétique de l’habitat neuf pour l’habitat à rénover. Toutes les solutions ne sont pas transposables, cependant les meilleurs équipements existent et sont à disposition.

La réglementation thermique nous semble être l’arme la plus efficace à appliquer à la rénovation. Que cela soit lors de la vente d’un bien immobilier par exemple. Les solutions ne sont pas compliquées à trouver aujourd’hui. Elles le seront de plus en plus si nous attendons.





EN RESUME

Si l’effet de volume rentabilise l’investissement, l’outil réglementaire en réhabilitation doit et va nécessairement orienter l’habitat rénové vers une consommation inférieure aux 80 kWh/m² et par an. La question ne se pose même plus à notre sens d’autant plus que les solutions techniques existent et si déployées en grand nombre avec un élan que seul peut donner la réglementation, alors nous avons une chance de donner du sens à ce vocable si souvent employé, « le développement durable ».




Sources et liens utiles

www.edf-bleuciel.fr

www.energie-info.fr

www.viessmann.fr

www.xpair.com



Pour en savoir plus : dossier
Rénovation et maison basse consommation



Octobre 2008

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