Le plancher, chauffage du futur ?

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Couplé à une pompe à chaleur, raccordé à un système de géothermie ou encore à des capteurs solaires, le plancher chauffant pourrait bien devenir l’émetteur de chaleur du futur, en permettant l’utilisation d’énergies renouvelables.

Le principal atout du chauffage au sol est de permettre des économies d'énergie. En abaissant la température de chauffe de trois degrés, il diminue ses dépenses énergétiques de 15 %* par rapport à un radiateur mural, pour un ressenti égal, voire meilleur en termes de confort thermique. Une baisse de consommation non négligeable dans le contexte actuel tendant à limiter les gaspillages d'énergie.

Source : ADEME


Compatibles avec la géothermie et le solaire, les planchers à circulation d'eau chaude offrent également la possibilité de se chauffer avec une énergie renouvelable, gratuite et totalement propre, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas de tous les systèmes de chauffage, loin s’en faut.
La géothermie très basse énergie, via les pompes à chaleur géothermiques, est très bien adaptée à ce système. Rappelons que pour 1 kWh électrique consommé, une pompe à chaleur produit en moyenne 2 à 4 kWh de chaleur. Les deux principales qualités de ce mode de chauffage sont liées au mode de diffusion de la chaleur par plancher chauffant basse température, et à la part d'énergie gratuite utilisée (qualités que l'on retrouve chez les Planchers Solaires Directs). Ce type de chauffage repose sur l'inertie thermique du sol. Car à des profondeurs de 2 à 4 m, la température est stable toute l'année (autour de 10°C). La chaleur est prélevée par l'intermédiaire d'un capteur extérieur enterré à 60 cm environ de profondeur ou d'une sonde géothermique verticale sous le sol du jardin.
Il existe plusieurs systèmes.

Source : COSTIC

Dans la technologie "eau-eau", la chaleur est transmise via un circuit de distribution hydraulique (eau additionnée d'antigel dans les capteurs extérieurs, eau dans le plancher chauffant). Il faut alors un condenseur et un évaporateur pour restituer l'énergie et chauffer l'eau.
Les pompes à chaleur réversibles permettent, outre le chauffage en hiver, de rafraîchir les pièces en été. L'installation complète (capteurs, pompe, et plancher chauffant) revient entre 90 et 120 euros par m². Malgré les diverses aides dont on peut bénéficier pour l’installation de certains de ces composants (lire notre dossier Aides financières et crédit d’impôt), la France reste à la traîne : seules 10% des habitations neuves sont équipées de pompes à chaleur, contre 35% en Suisse et 90% en Suède.

Les Planchers Solaires Directs


Encore peu utilisés, (on compte actuellement environ 3 500 réalisations en fonctionnement en France, avec une grande majorité dans les régions alpines**), les Planchers solaires directs (PSD) constituent pourtant, selon le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l'une des applications les plus intéressantes de l'énergie solaire au chauffage des locaux, combinée avec la production d'eau chaude sanitaire.

Source : Clipsol

1. Capteurs solaires
2. Plancher chauffant
3. Groupe de régulation
4. Chaudière

Le principe est simple : le fluide, réchauffé dans les capteurs solaires, circule directement (sans passer par un échangeur ou par un ballon de stockage) dans un plancher chauffant. Les capteurs peuvent aussi être utilisés parallèlement pour et pour le chauffage d’une piscine, par exemple. Dans la production d’eau chaude sanitaire, celle-ci se fait en instantané par l’intermédiaire d’un échangeur à plaques ou en semi-instantané avec un ballon additionnel. Afin de fournir un chauffage relativement constant tout au long de la journée, malgré l'intermittence du rayonnement solaire, le PSD utilise l'inertie et la capacité de stockage de la dalle en béton. D'une épaisseur comprise entre 10 et 15 cm, celle-ci permet de restituer avec un déphasage la chaleur du jour et de "lisser" les apports solaires. C’est, selon Michel Gay, directeur technique de Giacomini France, la seule contrainte de ce type de systèmes : « Comme l’énergie doit être stockée dans l’épaisseur du plancher, il convient de bien calculer, au préalable, le temps d’inertie du plancher, afin de satisfaire les besoins en chauffage », explique-t-il.
Des besoins qui ne peuvent d’ailleurs pas être couverts en totalité par les PSD. Il faut donc recourir à un système d'appoint pour apporter le complément d'énergie nécessaire. Plusieurs solutions sont possibles. La première, dite séparée, consiste à rajouter sur un plancher chauffant basse température existant, un système PSD dont la régulation sera indépendante de l’installation d’origine. Le couplage se fait au niveau hydraulique sur le circuit de retour du plancher chauffant. Dans la deuxième solution, dite intégrée, l'énergie d'appoint provient d'une chaudière classique (gaz, fioul ou bois), ou d’une cheminée ou poêle à bois ou d’une pompe à chaleur. Un groupe de régulation pilote l’ensemble du système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire en privilégiant l’apport solaire.
Pour une maison individuelle de 100 m2, de plain-pied, équipée d'un plancher chauffant, le surcoût du plancher solaire direct est d'environ 8 300 euros (main d'œuvre comprise, et pour un capteur solaire de 13 m2). Pour relativiser ce surcoût, il faut bien garder à l'esprit que l'énergie solaire est une énergie gratuite et non polluante… Et dans le cadre du Plan Soleil des aides financières de l'Ademe peuvent être accordées (lien vers dossier Aides financières et crédit d’impôt).

*Source : ADEME
**Source : Clipsol

EN RESUME

Compatible avec les pompes à chaleur, la géothermie et le solaire, le plancher chauffant est un moyen simple et abordable d'utiliser des énergies renouvelables comme source principale d'énergie.


Pour en savoir plus : dossier "LE PLANCHER CHAUFFANT RAFRAICHISSANT"



Décembre 2007

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