Le bois énergie : une filière qui commence à s'organiser

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Les avantages du bois comme énergie de chauffage ont été longtemps contrebalancés par l’immaturité de la filière d’approvisionnement, négligée au profit du transport des produits pétroliers, en termes de qualité, de quantité et de pérennité de la ressource.

Car si le marché du bois énergie rencontre encore des difficultés de développement, c’est surtout en raison de difficultés d’approvisionnement du produit.
La logistique, peu organisée, entraîne également une forte volatilité des prix, allant parfois du simple au double entre basse et haute saison.

L'énergie thermique est une énergie par nature locale, décentralisée, à la différence de l'énergie électrique qui est une énergie qui se transporte aisément dans un réseau.
La rentabilité des réseaux de chaleur d'origine renouvelable est donc fonction de la proximité des ressources.

C'est pourquoi, par exemple, l'utilisation du bois n'est économiquement viable que s'il provient d'une filière locale, située au plus dans un rayon de 150 km.
« Notre pays se reboise en permanence mais la forêt et les scieries productrices des sciures restent inégalement réparties », explique-t-on chez Crépito, marque de la société EURO ENERGIES et spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de combustibles pour appareils de chauffage bois.

Dans ce cadre, ce sont donc les régions riches en bois qui doivent alimenter leurs voisines. Ce qui, au regard de la consommation d’énergies fossiles et de la pollution générée par le transport, devrait être évité dans la mesure du possible.
Dans ce contexte, la mise en place de réseaux de producteurs et de distributeurs demeure la solution, sur l’ensemble du territoire.

Développer un service de proximité

Partant de ce constat, quels sont les besoins de la filière bois?

  1. déployer des compétences et des moyens industriels et commerciaux pour organiser et professionnaliser cette nouvelle filière sur tout le territoire national,

  2. tisser un réseau de distributeurs, garants d’une politique axée sur la fourniture d’un produit de qualité,

  3. développer un service de proximité pour satisfaire les attentes des particuliers (gamme de produits, disponibilité en vrac et en sac, à disposition ou livré.…).


Si des particuliers hésitent encore à franchir le pas pour se chauffer aux granulés de bois, c’est en général pour trois raisons :

  • la qualité des pellets sur le marché français est encore souvent peu satisfaisante,
  • les prix fluctuent autant si ce n’est plus que ceux du pétrole,
  • il n’est pas toujours évident de trouver un distributeur ou du moins avec le service que l’on serait en droit d’attendre.

Il s’agit en fait des caractéristiques classiques d’un marché naissant et il faut dorénavant professionnaliser la filière pour que ce mode de chauffage « écologique, économique et confortable » trouve toute sa place en France tout comme cela est le cas dans la plupart des autres pays européens plus avancés sur le sujet (ex : en Autriche, 70% des nouvelles installations de chauffage se font aux granulés de bois).

L’absence de coordination entre producteurs, fabricants d’appareils et installateurs, constitue également un frein au développement de la filière. Par exemple, il est essentiel d’installer chez le particulier un silo solide, d’une contenance adéquate, comprenant un raccord « pompier », un manche à poussières (dans le cadre d’un silo maçonné) et surtout, une facilité d’accès pour réaliser les livraisons de granulés par camion souffleur dans les meilleures conditions.
Le silo doit aussi permettre le stockage des granulés dans des conditions idéales à l’abri de l’humidité.
Le développement de l’usage du granulé de bois suit un rythme rapide en France : la mise en place d’un réseau de producteurs et de distributeurs travaillant sur des cahiers des charges communs garantit une sécurité d’approvisionnement en toutes circonstances, notamment en cas de forte évolution de la demande ou de saturation des capacités d’une unité de production locale.


Estimation de l’historique du marché des granulés de bois en France depuis 25 ans.

Des sociétés d’approvisionnement encore trop peu nombreuses

Le programme bois-énergie, lancé sous l'égide de l'ADEME en 2000-2006 a fortement contribué à lever les freins évoqués plus haut. L’un des objectifs de ce plan était précisément de créer des filières structurées d'approvisionnement en bois, en organisant des circuits de distribution commerciale identifiés, livrant du bois de chauffage aux caractéristiques garanties, notamment dans les régions à forte densité d’habitats urbain et péri-urbain.

Il y a dix ans, on comptait moins d’une dizaine de sociétés d’approvisionnement en bois. Le plan bois-énergie a permis l'émergence en France de plus de 60 sociétés d'approvisionnement importantes (livraison minimale de 300 tonnes de combustible par an, et jusqu’à 50 000 tonnes par an ) et réparties sur l'ensemble du territoire.
Si leur montée en puissance et l'augmentation de leur rayon d'action entraînent même désormais une concurrence inter-régionale, leur nombre est encore trop faible : certaines communes doivent dès lors faire appel à des sociétés d'approvisionnement situées à plusieurs centaines de kilomètres.

Ainsi le réseau de chaleur de la commune de Jonzac, située au sud de la Charente-Maritime, est-il alimenté pour l'instant par du bois issu de la région d'Angers. Quant à la région Auvergne, pourtant très boisée, elle n'héberge aucune société d'approvisionnement d'une taille significative.

On constate toutefois que c'est la demande qui, bien souvent, contribue à structurer l'offre : c'est par exemple le cas de la chaufferie d'Autun (4 MW), qui a vu la création spécifique de Bois-Energie Bourgogne dans le but d'alimenter l'installation, dont la consommation annuelle de bois s'élève à 18.000 tonnes.
C'est également le cas en Champagne-Ardenne avec la chaufferie de la ZUP à Sedan (3 MW), pour l'alimentation de laquelle Ardénergie a vu le jour, cette société livrant désormais annuellement 30.000 tonnes de bois à l'ensemble du parc de chaufferies de sa zone de chalandise).

Dans la plupart des cas, les structures d'approvisionnement ont rassemblé de nombreux acteurs de la filière bois, détenteurs et producteurs de la ressource (exploitants forestiers, scieurs, entreprises de seconde transformation) et bénéficié de l'expérience logistique de professionnels du déchet ou de la trituration.

Pour pallier l'absence ou l'éloignement des sociétés d'approvisionnement, les collectivités territoriales peuvent développer des cultures énergétiques dédiées telles que les taillis à courte rotation : peupliers, aulnes, saules, eucalyptus, powlonias, séquoia sempervirens, pins, triticale, sorgho-fibre, foin énergétique, miscanthus...

Les cultures énergétiques n'occupent aujourd'hui qu'environ 5.000 hectares « expérimentaux » en France, mais les terres disponibles sont nombreuses : bois de ferme, jachères, zones à châtaigniers du massif central, sols pauvres...

Sources :

ADEME, Biomasse Normandie, Rapport d’information du Sénat Energies renouvelables et développement local : l'intelligence territoriale en action du 28 juin 2006.

ITEBE-Wells-Pellet 2007.

Crepito © industriel national specialisé en distribution de pellets et bûchettes compressées

Pour en savoir plus : dossier "CHAUFFAGE AU BOIS "




Janvier 2008
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