La filière bois, un bon filon à exploiter

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Ce n’est pas un scoop : la fin des énergies fossiles est inéluctable à moyen terme. Les ressources pétrolières devraient se tarir d'ici à 50 ans, le gaz d'ici à 70 ans et le charbon dans deux ou trois siècles. Si compte tenu du contexte énergétique mondial, les énergies renouvelables permettent d'ores et déjà, dans de nombreux cas, un allègement de la facture énergétique, elles seront, à terme, nécessairement moins onéreuses que les énergies fossiles puisqu'elles garantissent la quasi-stabilité du coût du chauffage sur une très longue période. En effet, dans le cas d'une énergie conventionnelle, la part des combustibles fossiles représente environ 80 % du prix final de l'énergie distribuée. Ainsi, l'impact d'une hausse du prix du pétrole sur la facture de chauffage est fort et immédiat. En revanche, les énergies locales sont nettement moins sensibles au coût des énergies fossiles.
A titre d'illustration, le coût de la chaleur produite par une chaufferie bois se décompose comme suit :
- les annuités d'amortissement, déduction faite des subventions, qui représentent environ 20 % du prix final de l'énergie, sont constantes sur la durée de l'amortissement ;
- les coûts d'exploitation et de renouvellement des matériels, de l'ordre de 35 % environ, sont indexés sur les indices INSEE ;
- le coût du combustible bois, dont le prix représente en général entre 25 et 35 % du prix final de l'énergie, devrait rester stable car il peut être garanti par le fournisseur au travers d'un contrat longue durée (20 à 24 ans) avec une indexation sur les indices INSEE ;
- 20 % seulement du prix final de cette énergie restent dépendants de l'évolution du tarif des énergies fossiles.

Source : Biomasse Normandie

En effet, le bois, utilisé en priorité (« en base ») pendant la saison de chauffe, est le plus souvent associé à une énergie fossile (principe de la bi-énergie), qui s'avère nécessaire en appoint, à titre de complément pendant les périodes les plus froides de l'année, pour la production d'eau chaude sanitaire l'été, et le cas échéant en secours. Cette solution permet d'une part d'éviter de surdimensionner les chaufferies à biomasse, qui sont beaucoup plus onéreuses que les chaufferies énergies fossiles, d'autre part de sécuriser la production d'énergie.

Source : Biomasse Normandie

Une rentabilité en fonction de la proximité des ressources

L'énergie thermique est une énergie par nature locale, décentralisée, à la différence de l'énergie électrique qui est une énergie qui se transporte aisément dans un réseau. La rentabilité des réseaux de chaleur d'origine renouvelable est donc fonction de la proximité des ressources. C'est pourquoi, par exemple, l'utilisation du bois n'est économiquement viable que s'il provient d'une filière locale, située au plus dans un rayon de 150 km.
Il convient cependant d'être attentif à la disponibilité réelle du bois, en tenant compte de ses autres utilisations que sont la pâte à papier et, d'ici peu, l'utilisation de la matière ligno-cellulosique (herbe, bois, écorce, tige, feuilles, pulpe de papier, etc.) pour la chimie et les biocarburants. Tout projet d'implantation d'une chaudière bois dans une collectivité territoriale doit ainsi s'accompagner d'une réflexion systématique sur l'approvisionnement car, dans la plupart des cas, les collectivités ne possèdent pas la ressource ligno-cellulosique.
En outre, les avantages de cette énergie renouvelable ont été longtemps contrebalancés par l’immaturité de la filière d’approvisionnement, négligée au profit du transport des produits pétroliers, en termes de qualité, de quantité et de pérennité de la ressource. Le surcoût à l’investissement jouait également en sa défaveur : les économies réalisées sur le combustible ne compensant pas toujours le coût d’installation d’une chaufferie au bois, trois à quatre fois supérieur à celui d’une chaufferie à fioul ou à gaz. Le programme bois-énergie, lancé sous l'égide de l'ADEME en 2000-2006 a fortement contribué à lever ces freins. L’un des objectifs de ce plan était précisément de créer des filières structurées d'approvisionnement en bois, en organisant des circuits de distribution commerciale identifiés, livrant du bois de chauffage aux caractéristiques garanties, notamment dans les régions à forte densité d’habitats urbain et péri-urbain. Il y a dix ans, on comptait moins d’une dizaine de sociétés d’approvisionnement en bois. Le plan bois-énergie a permis l'émergence en France de plus de 60 sociétés d'approvisionnement importantes (livraison minimale de 300 tonnes de combustible par an, et jusqu’à 50 000 tonnes par an ) et réparties sur l'ensemble du territoire.
Si leur montée en puissance et l'augmentation de leur rayon d'action entraînent même désormais une concurrence inter-régionale, leur nombre est encore trop faible : certaines communes doivent dès lors faire appel à des sociétés d'approvisionnement situées à plusieurs centaines de kilomètres. Ainsi le réseau de chaleur de la commune de Jonzac, située au sud de la Charente-Maritime, est-il alimenté pour l'instant par du bois issu de la région d'Angers. Quant à la région Auvergne, pourtant très boisée, elle n'héberge aucune société d'approvisionnement d'une taille significative.

Une offre poussée par une demande croissante

On constate toutefois que c'est la demande qui, bien souvent, contribue à structurer l'offre : c'est par exemple le cas de la chaufferie d'Autun (4 MW), qui a vu la création spécifique de Bois-Energie Bourgogne dans le but d'alimenter l'installation, dont la consommation annuelle de bois s'élève à 18.000 tonnes. C'est également le cas en Champagne-Ardenne avec la chaufferie de la ZUP à Sedan (3 MW), pour l'alimentation de laquelle Ardénergie a vu le jour, cette société livrant désormais annuellement 30.000 tonnes de bois à l'ensemble du parc de chaufferies de sa zone de chalandise).

Dans la plupart des cas, les structures d'approvisionnement ont rassemblé de nombreux acteurs de la filière bois, détenteurs et producteurs de la ressource (exploitants forestiers, scieurs, entreprises de seconde transformation) et bénéficié de l'expérience logistique de professionnels du déchet ou de la trituration.

La montée en puissance des sociétés d'approvisionnement en France




Source : Rapport sur le plan bois-énergie de l'ADEME

Pour pallier l'absence ou l'éloignement des sociétés d'approvisionnement, les collectivités territoriales peuvent développer des cultures énergétiques dédiées telles que les taillis à courte rotation : peupliers, aulnes, saules, eucalyptus, powlonias, séquoia sempervirens, pins, triticale, sorgho-fibre, foin énergétique, miscanthus...
Les cultures énergétiques n'occupent aujourd'hui qu'environ 5.000 hectares « expérimentaux » en France, mais les terres disponibles sont nombreuses : bois de ferme, jachères, zones à châtaigniers du massif central, sols pauvres...

Sources : ADEME, Biomasse Normandie, Rapport d’information du Sénat Energies renouvelables et développement local : l'intelligence territoriale en action du 28 juin 2006.

EN RESUME

« Dans les années qui viennent, l’ADEME va continuer à soutenir la filière bois-énergie, jusqu’à ce qu’elle devienne totalement autonome, indique Jean-Christophe Pouët, chef du projet bois-énergie à l’ADEME. Avec un effort particulier dans deux directions : la recherche, afin d’optimiser encore ressources et matériaux, et une meilleure valorisation de la ressource bois, pour répondre à une demande en hausse croissante. La France dispose d’un capital forestier exceptionnel. Nous utilisons environ 60 % de l’accroissement végétal annuel – les “intérêts” de la forêt –, sans jamais toucher au capital. Il devrait être possible de valoriser demain jusqu’à 80 % de cette ressource. »

Pour en savoir plus consultez le dossier "CHEMINEES ET INSERTS "



Août 2007
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