Entre signes de crainte et espoirs

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L'annonce de résultats en matière environnementale est toujours le sujet de discussions sans fin… Rares sont les chiffres qui ne traduisent, pour leurs détracteurs, un pessimisme en vogue ou un optimisme que rien ne semblerait fonder.

Ces dernières semaines ont toutefois vu les chiffres amorcer une timide convergence, mieux à même de nous offrir un point de vue "lisible" sur le débat : la situation sur le front environnemental peut être annoncée pour préoccupante, elle ne tend pas moins à s'améliorer et, pour la première fois depuis bien longtemps, les politiques autant que les populations y semblent pour quelque chose.

Tout pourrait en effet se poser en des termes tels ceux employés par Jeffrey Sachs, directeur de l'Institut de la Terre à l'université de Columbia : Comment mieux faire face aux déchaînements de la nature ? Les récentes catastrophes comme le Tsunami de décembre 2004, les sécheresses, ouragans, glissements de terrain et incendies, montrent un développement des risques largement corrélé à l'accroissement de la population qui subit les conséquences de ces catastrophes. Cet accroissement ne paraissant pas devoir être remis en cause (ni par les chiffres ni par la prochaine victoire d'un quelconque point de vue Malthusianiste), nulle trace d'espoir en ce qui concerne une diminution rapide du risque quand aux conséquences du réchauffement climatique, toujours plus effrayantes ! Il devient donc impératif d'évaluer ces risques pour adopter les réponses les plus adaptées.

L'Agence Internationale pour l'Energie (AIE) le prévoit : jusqu'à 2030 la demande d'énergie sera satisfaite sans aucun problème (compte tenu, entre autres, des réserves en énergie fossile) à condition qu'un certain volume d'investissements soient consentis pour trouver de nouvelles ressources (les nappes de pétrole), en limiter la consommation et y substituer peu à peu de l'énergie renouvelable. Il s'agirait de traiter la transition en investissant quelques 17.000 Milliards d'US$ d'ici 2030 en recherche de nouveaux forages et modernisation de l'équipement d'extraction pour "aspirer" les dernières réserves fossiles profondément enfouies dans le ventre de la planète…

Or, indépendamment de la somme colossale dont il s'agit, il y a fort à craindre qu'une remonté immédiate et prévue du prix du baril aura plus de poids dans la balance qu'une perspective d'équilibre international sur les 25 prochaines années : pourquoi les pays producteurs investiraient-ils dans une modernisation de leurs outil de production ainsi que dans la prospection de nouvelles nappes plus pauvres que leurs gisements actuels (donc moins rentables) alors que la rareté de leur production suffirait à leur fortune pour encore longtemps ?

On comprend mieux les mesures, sommes toutes assez récentes, prises aux plans national et international pour favoriser la course aux énergies renouvelables et aux technologies à même de raccourcir les délais vers des temps propices aux énergies de substitution. Ainsi, en France, mesures fiscales encourageant la biodiversité et incitations à la production privée d'électricité solaire (par l'obligation faite à EDF de racheter cette production 1,5 fois son prix) montrent que le développement durable est affaire de volonté politique. Cette remarque est d'autant plus vraie que l'on constate dans le même temps une plus grande sensibilité des populations européennes en général et françaises en particulier pour les sujets liés aux enjeux environnementaux qu'ils placent, dans un récent sondage, à un niveau égal à celui des questions sociales.

Ces préoccupations font semble-t-il échos à celles d'institutions plus influentes telle le Comité 21, sorte de Think Tank regroupant des intervenants publics, privés et associatifs de toutes natures visant à traduire en un certain nombre d'engagements et de décisions politiques les préoccupations de ce puissant lobby.

Mais les difficultés rendraient-elles la mission impossible ? En effet, alors qu'un certain nombre de résultats semblent poindre le bout de leur nez, tous les états puissants ou en voie de le devenir, ne semblent pas décidés à remettre en cause leurs prérogatives. Ainsi, si au sommet des chefs d'états européens actuellement réunis à Barcelone ceux-ci s'engagent à dépolluer la Méditerranée d'ici 2020 (sur fond d'inégalités des populations bordant ses rivages et de pénurie des ressources naturelles, ce qui rend la tâche d'autant plus délicate et l'intention de s'y atteler encore plus louable), il n'en ira certainement pas de même des résolutions qui seront prises au terme du premier sommet suivant la récente ratification du protocole de Kyoto : le sommet de Montréal a en effet débuté depuis le 28 novembre dernier et déjà, alors qu'une diminution de presque 6% de l'émission de gaz à effet de serre a pu être constatée depuis 1997, l'objectif brandi comme une vieille pancarte demeure encore de convaincre Etats-Unis d'Amérique (puissance d'hier et d'aujourd'hui), Inde, Brésil et Chine (puissances de demain matin) de poursuivre sur cette voie...

Sur le chemin de l'espoir il reste cependant quelques étapes réjouissantes. Ainsi ce rapport du FAO annonçant un ralentissement de la déforestation sur la dernière décennie grâce à de nombreux programmes de réhabilitation et de plantation. Ou encore l'avènement d'un espoir inattendu, celui des nanotechnologies, qui sont à présent à l'origine d'une perspective nouvelle : la technologie de l'infiniment petit au secours de la Planète, de son eau, de sa santé, son énergie… Etonnante aussi, cette réappropriation de la question d'une énergie propre par le marché boursier qui observe d'un œil bienveillant les perspectives de profits qui transpirent d'une initiative du CEA visant à démanteler et à réhabilité ses sites nucléaires. Peut-être doit-on y voir le signe avant coureur d'un traitement plus responsable de la question du nucléaire et les raisons de ne pas s'inquiéter de la récente augmentation du recours anglais à l'énergie nucléaire qui devra répondre, d'ici 2020, aux 80% des besoins en énergie qui ne seront pas satisfaits par les énergies renouvelables…

Ce sera donc sur ces impressions mitigées de crainte et d'espoir données par les dernières actualités que nous terminerons cette revue de presse. Cette note pourra d'ailleurs trouver dans un ultime rapprochement une résonance particulière : alors qu'est annoncée la disparition à moyen terme (à cause du réchauffement climatique) de 75% du corail encore présent sur les fonds marins de la planète bleue, la petite sonde européenne Vénus Express (chargée de l'exploration de Vénus, planète "cousine" de la Terre) nous permettra bientôt de peut-être mieux connaître l'histoire récente de l'Etoile du berger, "une histoire pleine de leçon pour notre planète"…


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