En réhabilitation aussi, mixez les énergies de chauffage !

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Mixer les énergies de chauffage en réhabilitation apparait au demeurant difficile, pourtant le parc immobilier existant est d’un potentiel d’économies d’énergie si élevé qu’il est primordial de réfléchir à des axes concrets de travail.

Pensez basse consommation en réhabilitation comme en neuf. L’approche conceptuelle dans l’existant en terme d’efficacité énergétique ne doit pas être moindre que dans l’habitat neuf. Le potentiel d’économies d’énergie est énorme, surtout pour les bâtiments ayant été construits avant 1975 (apparition en France des premières règles thermiques TH77).

Les réflexes de conception doivent être, à mon sens exactement les mêmes pour atteindre l’objectif dit de basse consommation de 80 kWh/m²/an, base de consommation pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, la ventilation. Rappelons que le parc existant de logement soit environ 17,5 millions de logements anciens est actuellement plus proche des 200 et 300 kWh/m²/an. Rappelons également que la réglementation existe désormais pour les bâtiments existants et que certaines dispositions sur l’isolation et le chauffage sont obligatoires (cf § en fin de ce document).



Exemple de biénergie dans un immeuble collectif


source VIESSMANN



Efficacité énergétique en rénovation et dans l’habitat collectif.

Certes dans la maison individuelle, il y a plus de latitude pour entreprendre des travaux d’amélioration énergétique. L’habitat collectif n’est pas une impasse et bon nombre de solutions existent pour atteindre ou tendre vers des BBC bâtiments basse consommation.

En premier lieu, il faut agir sur l’isolation thermique et le remplacement des vitrages. L’isolation par l’intérieur reste l’action de base car il paraît difficile d’isoler par l’extérieur des immeubles anciens avec des façades travaillées. Les épaisseurs d’isolant doivent être importantes. Nos anciennes habitudes de doubler les murs avec un isolant de 8 à 10 cm font désormais parti du passé. Nous devons passer à des épaisseurs de 15 à 20 cm, c’est ce que font nos voisins Allemands ou Suisse, et c’est ce que nous commençons à faire. C’est un acte essentiel pour baisser la consommation du bâti par une isolation renforcée.

Le remplacement des surfaces vitrées est également essentiel surtout si ces dernières sont équipées de simples vitrages. Pour mémoire, un vitrage de 4 mm a une caractéristique thermique de 5,5 W/m².K. Aujourd'hui, les vitrages isolants les plus performants ou à isolation renforcée bénéficient d'un coefficient Ug de 1,1 W/m².K. Les triples vitrages présentent des performances thermiques encore meilleures pour atteindre un coefficient d’isolation thermique Ug jusqu’à 0,5 W/m² K. En rénovation et surtout en milieu urbain, le confort thermique sera le premier gain mais également le confort acoustique. Les chassis seront choisis soit en aluminium soit en PVC, voire en bois. Un aspect identique aux fenêtres et baies de la copropriété sera obligatoire.

La ventilation. D’autant plus si le bâti a été isolé et les fenêtres remplacées, le système le plus performant sur le plan énergétique reste la ventilation double flux avec récupération de chaleur Dans l’existant et les immeubles anciens collectifs, très souvent, de nombreuses gaines techniques existent (souvent des trémies de cheminées inutilisées ou d’anciennes gaines de ventilation statique) et peuvent servir de passage aux réseaux d’air neuf et d’air extrait. A noter que la présence de la récupération de chaleur fait gagner 20 à 25 kWh/m²/an.

La ventilation simple flux est à concevoir en cas d’impossibilité. Elle sera d’autant plus obligatoire que les chassis vitrés auront été remplacés. Les entrées d’air (hygroréglables de préférence) seront à incorporer dans les menuiseries pour garantir un renouvellement d’air hygiénique. Un autre système de ventilation qui s’adapte particulièrement bien dans l’existant est la VMR, la ventilation mécanique répartie. Le principe consiste à équiper les pièces de petits extracteurs et insufflateurs d’air.

Le système de chauffage biénergie, une solution à envisager.
Le bâtiment étant considéré isolé, il requiert moins de puissance thermique. Les émetteurs existants sont de ce fait surdimensionnés de sorte que l’eau chaude qui les alimente puisse être ramenée à des niveaux dit de basse température.
La pompe à chaleur devient alors intéressante. Même au niveau d’une chaufferie existante au fioul ou au gaz, un chauffage biénergie condensation + PAC en relève de chaudière devra apporter des économies de l’ordre de 40% surtout si l’installation existante est ancienne.
Quant à la production d’eau chaude sanitaire, si l’installation est une production et une distribution collective, l’utilisation du système biénergie est une bonne solution également.
Par ailleurs, en cas d’eau chaude sanitaire collective, le recours à l’énergie solaire est indispensable surtout si l’immeuble dispose d’une toiture terrasse. Aides et subventions pourront être apportées à tous les copropriétaires via l’action du syndic auprès des organismes comme l’Etat, l’Ademe, l’ANAH, le Conseil Général, le Conseil Régional, …

En revanche si l’eau chaude sanitaire est individuelle par de simples ballons cumulus, il sera difficile de repasser en eau chaude collective qui seule peut permettre une couverture par l’énergie solaire thermique. L’occupant qui possède un cumulus électrique maîtrise sa propre consommation et s’il doit remplacer son ballon, cela ne lui coûtera que quelques centaines d’euros. Il aura du mal à investir dans une installation commune. De plus, l’arrêt total du chauffage et de la chaudière collective en hiver n'est pas une mauvaise chose sur le plan du rendement énergétique.

Tableau de synthèse « amélioration pour un habitat collectif basse consommation »



Isolation thermique



15 à 25 cm

Vitrages isolants

Double vitrage à Isolation Renforcée, ou triple vitrage

Ventilation

Double-flux avec récupérateur

Appareils ménagers

De classe « A »

Chauffage biénergie

Chauffage basse température avec des générateurs type pompe à chaleur ou chaudière condensation
Réflexe pour l’eau chaude sanitaire solaire si l’immeuble à une toiture terrasse et si la production d’ECS est déjà collective



Si l’immeuble est une passoire thermique, puis-je me déconnecter et installer mon propre chauffage performant ?

La question est pertinente. Effectivement si l’immeuble est une véritable passoire thermique, l’occupant pourrait remplacer des menuiseries par des vitrages très performants, isoler efficacement par l’intérieur, …, et vouloir installer un système de chauffage réduit en puissance et ainsi se déconnecter du chauffage central collectif.

Peut-on se déconnecter de l’installation de chauffage central sans doute oui si l’on continue à payer ses charges dues à l’installation de chauffage. Rappelons le premier alinéa de l’article 10 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, qui stipule que les copropriétaires doivent contribuer aux charges, quel que soit l’usage qu’ils font réellement du chauffage. De même s’ils sont absents ou qu’ils décident de fermer les vannes et robinets des radiateurs. Le copropriétaire qui supprime la partie du chauffage collectif desservant son appartement pour y substituer un chauffage individuel ne peut se dispenser d’acquitter ses charges de ce chauffage collectif en l’absence d’un accord unanime des copropriétaires pour accorder l’exonération, requis par l’article 11 de la loi (Cour d’appel de Chambéry, 3 juin 1987).

Et si la collectivité donne un accord unanime lors d’une assemblée générale ? Le copropriétaire serait dégagé de son obligation vis-à-vis de la copropriété mais pas de la loi.
Par conséquent, mieux vaut envisager une étude de faisabilité, qui dira si tout le monde a intérêt à passer en chauffage individuel, à moderniser la chaufferie avec pourquoi pas une énergie renouvelable comme la pompe à chaleur, ou le solaire.



Rappel de la réglementation pour la rénovation de bâtiments existants.

A ce titre rappelons que le décret du 19 mars 2007 instaure des exigences d’économie d’énergie dans les bâtiments existants. Ainsi avant toute réhabilitation lourde de plus de 1000 m², non seulement une étude de faisabilité technico-économique intégrant les énergies renouvelables est obligatoire, mais le maître d’ouvrage a obligation d’améliorer la performance énergétique du bâtiment. Cette mesure est obligatoire à partir du 1er avril 2008 lorsque le coût prévisionnel des travaux de rénovation est important, soit des travaux supérieurs à 25% de la valeur du bâtiment hors foncier).



EN RESUME

Réhabiliter sur le plan énergétique l’habitat collectif est une source d’économie importante pour la collectivité de l’ensemble des copropriétaires et des occupants qui payent leurs charges de chauffage.
Passer à un système de chauffage performant avec une mixité des énergies est également un reflex systématique à avoir. La réglementation l’impose dans certains cas et le bon sens également.

Comment continuer à payer une augmentation des charges de chauffage avec un prix des énergies fossiles grandissants ? Imaginez le prix du baril pétrole à 200 $ ou 300 $. L’avantage de l’installation collective de chauffage c’est qu’elle permet une intégration relativement facile des énergies renouvelables comme le solaire ou la pompe à chaleur en relève de chaudière. Le potentiel d’économies d’énergie est énorme. Reste à se mettre d’accord en commun !...



Sources et liens utiles

www.effinergie.org

www.minergie.ch

www.france-air.com

www.aldes.fr

www.vortice.fr



Pour en savoir plus : dossier
LES SOLUTIONS MIXTES BI-ENERGIE



Juillet 2008

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