Produire son électricité avec le solaire photovoltaïque

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Utiliser une énergie non polluante comme le solaire est un acte volontaire pour un investissement durable. Par ailleurs, le législateur, conscient des engagements pris notamment au travers du Grenelle de l’Environnement propose des incitations fiscales comme le crédit d’impôt de 50% sur le matériel solaire. De plus, il offre la possibilité d’être son propre producteur d’électricité avec un kWh qui peut être revendu à EDF à un coût plutôt compétitif, jusqu’à 0.57 € par kWh revendu en 2008.


Pour la maison, quelle est la consommation de base ?

Si vous êtes un particulier, il vous faudra 10 m2 de capteurs pour produire annuellement 1000 kWh (environ). Sachant qu’une maison consomme en moyenne 3000 kWh/an (hors chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson), vous pouvez ainsi baisser d’1/3 votre consommation.
Pour aller plus loin, si vous faites attention (appareils de catégorie A, ampoules basse consommation, et veilles éteintes) et faite la chasse au gaspillage, la même maison ne consommera que 2300 kWh/an. Votre toit solaire assure ainsi la moitié de vos besoins.
Pour aller encore plus loin, l’idée de poser non pas 10 m2 mais 20 m2 de capteurs PV (abrégé de photovoltaïque), vous disposerez d’un toit solaire qui couvrira vos besoins, voire en excès et donc vous fera profiter d’une revente des kWh en trop. Cette évaluation est à nuancer selon la zone où vous habitez car le potentiel solaire est variable.


Schéma de raccordement au réseau


source BUDERUS


Vous êtes donc producteur d’électricité par votre installation photovoltaïque : quelles sont les conditions de revente ?


L’arrêté du 10 juillet 2006 prévoit en particulier :

Métropole : 30 c€/kWh , ( prime d'intégration au bâti de 25 c€/kWh)
Corse, DOM, Mayotte : 40 c€/kWh , ( prime d'intégration au bâti de 15 c€/kWh) .
Le contrat d’achat est conclu pour une durée de 20 ans à compter de la mise en service de l’installation.
L’énergie active fournie par le producteur est facturée à l’acheteur sur la base des tarifs définis ci-dessus. Ils sont exprimés en c€/kWh hors TVA.
Comment bénéficier de la prime à l’intégration au bâti ?
Pour cela, votre installation solaire ou votre toit photovoltaïque devra assurer également une fonction technique ou architecturale essentielle à l’acte de construction.
Ces équipements doivent appartenir à la liste exhaustive suivante :
toitures, ardoises ou tuiles conçues industriellement avec ou sans supports
brise-soleil
allèges
verrière sans protection arrière
garde-corps de fenêtre, de balcon ou de terrasse
bardages, mur rideau

Intégration des modules en toiture
(chantier en cours de réalisation)

Installation de modules en surperposition


source BUDERUS


Quelles sont le coût d’installation et les aides proposées ?
Pour une maison moyenne avec 10 à 30 m2 de panneaux photovoltaïques, soit une puissance-crête de 1 à 3 kWc, les coûts moyens d’installation sont :
  • Avec une pose au sol ou en toiture : 6 à 7 €uros/Wc, soit pour 10 m2 > environ 7000 euros TTC (TVA de 5,5% intégrée; cas pour un logement ou une maison achevé depuis plus de 2 ans et pour une puissance-crête inférieure à 3 kWc )
  • Avec une pose intégration au bâti : 7 à 13 soit pour 10 m2 > environ 11000 euros TTC (idem que ci-dessus pour la TVA)
  • Avec un coût de raccordement au réseau EDF (ou régie) de l’ordre de 800 €uros.
Extrait du texte 2007/50 du 04/12/07 explicitant les conditions pour bénéficier de la TVA à 5.5% :
« Les installations réalisées sont alors éligibles au taux réduit applicable aux travaux dans les logements achevés depuis plus de deux ans. A titre de règle pratique, il est présumé qu’il n’y a pas de livraison, et donc d’assujettissement à la taxe, dès lors que la puissance installée n’excède pas 3 kWc1 et ce, quelle que soit la nature du contrat d’achat. »


Quelles sont les aides pour le photovoltaïque ?
  • Le crédit d’impôt pour le solaire photovoltaïque, comme pour le solaire thermique est de 50% sur le coût du matériel TTC (hors main d’œuvre).
  • La TVA réduite, comme explicité ci-dessus,
  • Les aides locales et régionales; par exemple la région Rhône-Alpes propose une aide plafonnée à 2400 € pour les particuliers lorsque le système n’est pas intégré au bâti et de 1400 € lorsqu'il l'est.

Quelles quantité d'électricité peut-on produire?

La valeur de production annuelle d' 1 Wc de panneau est en moyenne de 0,9 KWh au nord de la France et 1,1 au sud. Dans l'exemple ci-dessus, 20 M2 (2KWc) de panneaux produiront entre 1800 et 2200 KWh .

la quantité annuelle d'électricité que vous pouvez revendre est plaffonnée et correspond à la puissance crête installée multiplié par une durée de 1.500 heures si l’installation est située en métropole (hors Corse) ou de 1.800 heures dans les autres cas.
Dans la pratique, la production d'électricité n'atteint jamais 1.500 H x la puissance installée en métropole.

Concrêtement, 20 M2 de panneaux produiront 2000KWh en moyenne en tenant compte d'une exposition optimum (sud avec des panneaux orientés à 30°)


Exemple simple :
Système photovoltaïque de 2 kWc (env 20 m2 de capteurs PV),
Coût des travaux : 16 000 € TTC dont 14 000 € de matériel et 2 000 € de main d’œuvre
Crédit d’impôt : 50 % de 14 000 = 7 000 €
Aide de la région (exemple en Rhône-Alpes) : 2 400 €
>> Aide totale : 9 400 €
Reste à la charge du particulier : 6 600 € soit 41% du montant total initial


Pour quelle économie ?
Production annuelle d’électricité : 0.37 €/kWh x 2700 KWh = 1000 € /an
>> Temps de retour brut : sur investissement 6600 / 1000 = 6,6 années.

Ce calcul simple donne un temps de retour assez court sur ces hypothèses plutôt optimistes. Sans aides de la région, le temps de retour serait de 9000/1000 = 9 ans, etc, …
Par contre, si l’installation solaire donne une plus value immobilière que nous évaluerons simplement à environ 10 000 euros, soit le coût de l’installation, alors l’investissement à long terme est rentable immédiatement.


Solaire photovoltaïque ou solaire thermique ?
La réponse optimum sur le plan des économies d’énergie est d’utiliser les 2 types de panneaux solaires car le coût moyen d'achat de l'électricité est moins cher que son coût de revente (en moyenne 1KWh est acheté 0,11€ à EDF alors qu'on vous achète jusqu'à 0,57 € le KWh photovoltaïque produit).
Pour assurer sa consommation d’électricité et profiter du prix de revente, la mise en place d’un toit solaire de 20 ou 30 m2 sera bien suffisant. Néanmoins, le chauffage, l’eau chaude sanitaire, et la cuisson devront être traités en non électrique. L’utilisation de panneaux solaires thermiques est opportune pour produite de l’eau chaude, pour répondre aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire. Une énergie d’appoint sera nécessaire pour assurer le confort les jours les moins ensoleillés et les plus froids (si les panneaux solaires thermiques contribuent au chauffage, système dit SSC, Système Solaire Combiné).

L’énergie comme le gaz trouve alors sa place, eu égard à sa souplesse et à son confort d’utilisation. Allons plus loin et pensons systématiquement aux énergies renouvelables. Par exemple, en zones rurales ou en périphérie de villes, le bois avec une chaudière bois pourra assurer le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Le propane ou le butane pourraient assurer les besoins de cuisson.

Un tel habitat aura une performance énergétique majeure et pourra être classé parmi les maisons « basse consommation », ou maison à énergie positive. Reste à en évaluer la rentabilité. Celle-ci doit être analysée sur le plan économique à court terme (investissement initial ou sur investissement par rapport aux économies d’énergie, augmentées des kWh revendus) et à long terme. Ce point est complémentaire et majeure car la maison basse consommation, à énergie zéro ou à énergie positive disposera d’une plus-value patrimoniale importante.


Photovoltaïque : permis de construire ou déclaration de travaux
Comme tous les travaux qui modifient l'aspect extérieur d'une construction, l'installation de panneaux solaires ne nécessite en principe qu’une déclaration de travaux. Pour les logements neufs il est conseillé d’intégrer le toit solaire ou autre disposition solaire dans le permis de construire. Dans tous les cas, une consultation des autorités locales sera toujours efficace pour que votre dossier avance vite. La loi est en train de changer en ce qui concerne l'autorisation de pose de panneaux solaires, les autorités (DDE, Monuments Historiques, etc) devront assouplir leurs règles qui aboutissaient trop souvent sur un refus d'autorisation.




Sources et liens utiles

www.ademe.fr

www.atlantic.fr

http://www.buderus.fr


EN RESUME

Produire de l’électricité pour sa propre consommation et vendre le surplus des kWh à EDF ou à la régie locale est un acte citoyen et rentable. Citoyen car la maison ou l’immeuble verra sa consommation globale diminuer et s’affranchir des énergies fossiles comme le fioul. Et « rentable » dans le sens où le bien immobilier devient conceptuellement plus attrayant de part son indépendance énergétique et sa valorisation intrinsèque. L’essor du photovoltaïque a été de phénoménal entre 2006 et 2008, les contrats d’achat si vous êtes producteur vous sont proposé sur 20 an ! De quoi vous rassurer sur l’avenir, ce qui dans le domaine énergétique est loin d’être négligeable.




Pour en savoir plus : dossier " LE CHAUFFAGE SOLAIRE "



Avril 2008

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