Se chauffer au bois

Économique, renouvelable, écologique, disponible partout : l'énergie "bois" n'a pratiquement que des qualités.
En tous cas dans une maison, et avec un minimum de place pour le stockage… Reste toutefois à préciser ce que l'on attend exactement de ce type de chauffage : plaisir des yeux ou confort "3 étoiles" ?
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Tous ceux qui ont une cheminée à foyer ouvert le savent bien : une belle flambée ne suffit en aucun cas à chauffer leur maison… Au mieux, leur cheminée mais guère plus ! Se chauffer réellement au bois et affronter l'hiver avec cette seule source d'énergie implique donc à la fois de choisir un équipement performant et si nécessaire, de revoir l'isolation du logement afin de limiter la demande en calories. Et ce, moins pour des questions de coût puisque le bois n'est effectivement pas cher (v. Liens utiles), que pour alléger la contrainte de l'approvisionnement en combustible.

Cheminée et foyer fermé : Le spectacle du feu, la chaleur en plus

Pour piéger les calories et en faire profiter ses alentours, une cheminée n'a pas d'autre solution que d'intégrer un foyer fermé ou un insert (NF EN 13 229). De 10 à 15 % (pour un foyer ouvert), le rendement grimpe alors à 65 % et plus, comme chez les équipements ayant obtenu le Label Flamme verte (www.flammeverte.com). Et on profite davantage de ces calories grâce à la convection : une circulation d'air créée autour du foyer (parfois accélérée par une petite soufflerie) à laquelle vient s'ajouter le rayonnement des parois en fonte. Les amateurs de vrai feu de bois apprécieront les foyers "mixtes", qui peuvent aussi fonctionner porte ouverte. Mais plus question alors de chauffer tout leur séjour et encore moins, les pièces voisines (grâce à un système de gaines distribuant l'air chaud).

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  • Complément idéal d'un chauffage électrique, un foyer fermé ne s'installe que dans une cheminée conçue exprès pour lui. Une cheminée existante, elle, devra souvent être modifiée en vue d'accepter un insert. Un travail de pro car la mise en œuvre de ce type de foyer et de son conduit exigent de respecter des exigences strictes (NF DTU 24.1 et 24.2). Et en cas de problème sur le matériel, il sera aussi beaucoup plus simple d'invoquer la garantie du fabricant. Enfin et surtout : pas de crédit d'impôts sans facture d'un installateur ! (v. Liens utiles)

Le poêle : Gain de place et haut rendement

Hormis les gros modèles à inertie en pierre de lave ou en faïence (PR EN 15 250), un poêle à bois classique (NF EN 13 240) s'installe assez librement puisqu'il n'a pas besoin d'être adossé à un mur. Et même s'il doit évidemment respecter la règlementation en vigueur, son conduit n'a pas non plus besoin d'être maçonné. Deux avantages uniques auxquels s'ajoute une relative compacité et un rendement de 65 % au moins. Le poêle n'a donc rien à envier au foyer fermé, d'autant qu'il chauffe lui aussi par convection et rayonnement.

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  • Malgré ses inconvénients (déplacement de poussière, stratification de l'air…) la convection permet en effet d'atteindre plus vite une température agréable dans la pièce.C'est important en l'absence de tout autre chauffage, notamment dans une résidence secondaire. Le rayonnement, lui, se diffuse directement à partir des parois métalliques du corps de chauffe ou bien à partir d'un matériau qui emmagasine la chaleur : brique réfractaire, vermiculite, faïence, grès cérame, stéatite (pierre de lave). Pas de mystère : la nature et la masse du matériau réfractaire influent directement sur la capacité du poêle à chauffer efficacement tout un logement. Ainsi les gros poêles à inertie, dont le corps de chauffe est entouré de plus d'une tonne de stéatite, sont-ils les plus performants puisque 12 h après un feu d'une durée de 2 h seulement, ils sont encore capables de restituer de la chaleur ! En contrepartie, leur montée en température est d'autant plus lente… Ce qui n'est pas l'idéal dans une résidence secondaire. Et même si ce type de poêle doit effectivement être rechargé moins souvent qu'un modèle ordinaire, la contrainte du réapprovisionnement en bûches est bien réelle.
  • Cette contrainte est moins pesante avec les poêles à granulés de bois ou "pellets" (NF EN 14 785). Un combustible conditionné en sacs de 15 ou 25 kg qui, une fois versé dans leur réservoir incorporé, leur assure au moins 10 h d'autonomie voire beaucoup plus. Ces poêles comportent aussi un système d'allumage automatique (éventuellement à distance) et un programmateur permettant de définir des plages de fonctionnement ; exactement comme une chaudière. La comparaison ne s'arrête pas là puisque ces poêles offrent pour la plupart un très haut rendement (90 %). Grâce aux options correspondantes, beaucoup sont en outre capables de distribuer la chaleur dans les pièces voisines (ou à l'étage supérieur) : par des gaines véhiculant l'air chaud ou pour certains, grâce à un échangeur à eau. Lequel est alors relié à des radiateurs et/ ou à un plancher chauffant à basse température. Ces poêles peuvent aussi alimenter un préparateur d'eau chaude sanitaire (PECS).

La chaudière : Un chauffage central au bois

Comme leurs concurrentes à combustible liquide ou gazeux, les chaudières à bois (NF EN 303-5) sont conçues pour alimenter un chauffage central et le cas échéant, un PECS. Sur le plan du confort il n'y a donc pas mieux. Si certains modèles peuvent être installés dans un volume habitable, la plupart sont cependant conçus pour figurer dans une pièce technique (sous-sol, chaufferie…). D'abord parce qu'à puissance égale, ce type de chaudière est plus volumineux que ses concurrentes au fioul ou au gaz. Et parce que son alimentation fait appel à des produits solides qui occupent un volume conséquent : bûches, bois déchiqueté (plaquettes) ou granulés ("pellets").

  • Tous sont livrables à domicile. Mais avec un broyeur spécial, chacun peut transformer lui-même ses bûches en bois déchiqueté. Le combustible revient alors encore moins cher : surtout dans les régions d'exploitation forestière car il est alors possible de débiter le bois sur place et de l'enlever gratuitement (ou pour une somme symbolique). Sachant qu'il faut ensuite l'entreposer sous un abri couvert pendant 2 ans environ pour le faire sécher.
  • En revanche les granulés ou le bois déchiqueté sont livrés prêts à consommer. Eux seuls permettent en outre un fonctionnement automatisé : stockés dans un "silo", ils sont acheminés dans la chaudière par une vis sans fin. Le silo en question peut être un espace clos réservé dans le sous-sol
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ou bien une structure métallique accolée à la chaudière ou encore, un gros sac en tissu suspendu à une structure métallique.

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  • Notez qu'il existe des chaudières mixtes ou "bi-énergie" : bois + fioul, bois + gaz… Lesquelles permettent d'utiliser le bois (en bûches) comme énergie principale et l'autre énergie en cas de besoin (lorsque le rechargement n'a pu être effectué). Chez certains modèles, les corps de chauffe sont distincts mais accolés. Chez d'autres, il s'agit de deux chaudières séparées, de puissance équivalente, complétées d'un ballon tampon. Le principe de l'hydro-accumulation permet ainsi de stocker le surplus de calories générées lors de la combustion du bois et de le restituer après l'arrêt de la chaudière. Ce qui assure un fonctionnement optimisé, évitant les phases de ralenti.

    Hervé Lhuissier

Liens utiles, pour plus d'informations :




Janvier 2007


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