Energies renouvelables, où en sommes nous ?

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Selon un récent baromètre de l'ADEME, les Français sont en grande majorité favorables aux ENR (97 %), se montrent convaincus de l'intérêt des énergies renouvelables pour réaliser des économies d'énergies (53 %) et, dans une moindre mesure, de leur contribution à la préservation de la planète (27 %).

Pour autant les considérations économiques sont à la fois le premier facteur de motivation et le premier frein. Alors que l'éco-citoyen semble convaincu, le consommateur reste très massivement dans une position d'attentisme et fait ses comptes.


Solaire thermique : nouveau recul européen en 2010

Maison avec capteurs solaires thermiques et photovoltaiques

Maison passive

La fédération européenne de l'industrie solaire thermique (ESTIF) vient d'estimer que le marché du solaire thermique dans l'Union Européenne et la Suisse avait reculé en 2010, comme déjà en 2009, à 2 586 MWth (3 694 940 m² capteurs) de capacité nouvelle installée. Le marché a diminué de 29% en Allemagne, à 805 MWth (1 150 000 m²). Xavier Noyon, secrétaire général de l'Estif, estime que l'un des facteurs ayant contribué à ce recul du marché européen est l'insuffisance ou le caractère imprévisible des systèmes d'aides publiques, ce qui a réduit d'autant l'intérêt des investisseurs et des particuliers pour le solaire thermique.

Les marchés grec et italien ont quant à eux, légèrement progressé l'an passé, alors que l'Autriche, l'Espagne et la France régressaient. Quelques marchés ont connu une croissance, comme le Portugal, la Pologne, la Suisse, la République tchèque, le Danemark et le Royaume-Uni.



Commentaire de CLIMAMAISON :

« Voici une filière qui va bénéficier d'un élan considérable à partir de 2012, car le solaire thermique est quasiment imposé dans le neuf au vu de la réglementation 2012. On ne pouvait pas faire mieux pour éviter les petits comptes : est-ce rentable ? Non pas à court terme ! C'est désormais quasiment obligatoire, comme l'isolation ! »




Solaire photovoltaïque : le « go and stop » du Gouvernement !

Installation de capteurs photovoltaïques



Fin 2010, le parc atteint une puissance de 925 MW contre 200 MW en 2009. La France est le quatrième marché européen derrière l'Allemagne, l'Italie et la République Tchèque. La production de l'année a été de 600 MW, soit la consommation annuelle d'une ville de 240 000 habitants. (Source SER)

Désormais, avec les récentes mesures gouvernementales, seul le marché des particuliers (installations sur bâtiment de moins de 100 kWc - Kilowatt-Crête) est concerné par les tarifs de rachat de l'électricité par EDF. Pour les autres ; installations de plus de 100 kWc et centrales au sol, la règle est désormais celle des appels d'offres avec un rachat de l'électricité produite inférieure de 20 % par rapport au tarif en vigueur au 1er septembre 2010. Ce prix sera ajusté trimestriellement en fonction des volumes de projets déposés et des baisses de coûts attendues, estimées à environ 10 % par an.

La nouvelle réglementation prévoit enfin des exigences accrues sur la qualité environnementale et industrielle des projets avec notamment l'intégration d'obligations de recyclage en fin de vie et de démantèlement à compter de l'été 2011 et de l'obligation de fournir une analyse de cycle de vie à compter du 1er janvier 2012.



Commentaire de CLIMAMAISON :
« L'effet d'annonce sur le photovoltaïque a fait grandir trop vite cette filière. Résultat : l'Etat ne sait comment réduire les aides, ou du moins mieux les gérer pour que le processus soit rentable également pour le contribuable. Le solaire photovoltaïque est une alternative certaine pour le présent et l'avenir, c'est une certitude. Dommage que la filière française ne soit pas devant ou alliée avec ses voisins européens bien en avance comme les Allemands et les Espagnols ».




Pompe à chaleur et géothermie

Forage pour puits géothermique

Forage

Le marché stagnant depuis une quinzaine d'années connaît depuis peu un regain, avec notamment des projets d'extension et de création de nouveaux réseaux de chaleur sur le territoire national. En 2009, la production de chaleur issue de la géothermie profonde s'est élevée à 118 ktep ; celle de la géothermie intermédiaire à 64 ktep. À l'horizon 2020, les objectifs du Grenelle sont respectivement de 500 ktep et 250 ktep. (Source SER)

Les systèmes aérothermiques et géothermiques ont continué de souffrir en 2010 avec une chute constatée des ventes à la distribution respectivement de - 42 % et - 38 % par rapport à 2009, une année déjà mauvaise pour la filière. Seules les pompes à chaleur air/air affichent des résultats positifs avec une progression de l'ordre de 14 %. Fin 2010, le parc est de plus de 600 000 unités (hors air/air), alors que les objectifs du Grenelle sont de 2 millions d'unités installées à l'horizon 2020. (Sources AFPAC et SER)

Malgré une année 2010 encore difficile et caractérisée par un recul des ventes, l'optimisme semble de retour auprès des industriels de la filière.

Après deux années difficiles (2008 et 2009), le marché des pompes à chaleur air/air s'oriente de nouveau à la hausse. Ainsi, avec + 14 % des ventes réalisées par les fabricants et les distributeurs vers la filière professionnelle – soit 379 000 unités extérieures de split et multisplit – le marché retrouve son niveau de 2008.

Les produits monosplit sont ceux qui performent le plus (+ 20 % par rapport à 2009), poussés par le marché du résidentiel. Les produits multisplit se stabilisent avec une chute des grosses installations (4 unités extérieures et plus) au profit des plus petites (2 à 3 unités). Phénomène notoire, la forte progression des machines Inverter qui représentent désormais plus de 90 % des produits vendus.

Le marché des pompes à chaleur aérothermiques est quant à lui, pour la deuxième année consécutive, en perte (- 23 % en 2009 et - 42 % en 2010), tout comme celui des pompes à chaleur géothermiques (- 26 % en 2009 et - 38 % en 2010). Les gammes qui subissent les plus fortes baisses sont les pompes à chaleur Sol/Eau avec - 63 % et les pompes à chaleur Eau/Eau avec - 45 %. À noter, la forte progression du marché de la thermodynamique (pompes à chaleur ECS seule) qui enregistre une hausse de 67 % essentiellement due au crédit d'impôt de 40 % accordé à l'installation de ces produits.

Selon l'AFPAC, ce recul des ventes en 2010 a plusieurs origines :

  • La crise économique, qui a poussé les ménages à reporter ou à annuler leurs investissements ;
  • Le prix des énergies fossiles et notamment celui du litre de fioul, qui a redynamisé le marché des chaudières fioul au détriment des pompes à chaleur ;
  • La baisse, voire la suppression, du crédit d'impôt (à l'exception des pompes à chaleur ECS seules), qui rend moins attractif le passage à la pompe à chaleur ;
  • La poursuite de la politique de déstockage des réseaux de distribution et le recul des permis de construire, qui a lourdement pénalisé les ventes de pompes à chaleur dans le neuf. 2010 devrait être l'année de retour à une certaine croissance, mais l'AFPAC se refuse à toute prévision chiffrée tant que les zones d'ombre qui entourent la RT 2012 ne seront pas totalement éclaircies.

La solution pompe à chaleur semble toujours, selon l'AFPAC, une solution plus complexe à préconiser que dans le cadre actuel.



Commentaire de CLIMAMAISON :

« La pompe à chaleur, si c'est une solution qui est partie en flèche, avec une quasi-spéculation dopée par le crédit d'impôt, demeure une bonne solution de chauffage ou de production d'eau chaude. Encore faut-il adapter la conception et la réalisation avec un œil professionnel ».




Chauffage bois en recul sauf si le fioul grimpe !

Organisation du transport « énergie bois »



Avec environ 430 000 pièces vendues en 2010, le total des ventes accuse une contraction de l'ordre de 10 % par rapport à 2009. Le parc (poêles et inserts représentant 95 % du marché) est estimé à plus de 6 millions d'unités. La France constitue le premier marché européen devant l'Allemagne. (Source SER)

A propos du chauffage individuel au bois, une récente étude que vient de réaliser l'association des réseaux de chaleur Amorce, estime que c'est "une des solutions les moins onéreuses du point de vue de la dépense publique" et souligne que, "même en l'absence d'approvisionnement bois proche, le bilan en énergie primaire et en CO2 du bois énergie reste très bon".

Il est vrai que la France et l'Europe disposent d'un potentiel énergie-bois considérable. Celui-ci est peu exploité et ne correspond pas à un lobbying particulier pour l'instant. Les énergéticiens, fournisseurs d'énergie et compagnies pétrolières se désintéressent de cette filière.
L' Union Européenne pourrait, si nos politiques le voulaient, promouvoir la filière pour créer une forme nouvelle d'exploitation énergétique à grande échelle - depuis la production, jusqu'à la logistique et la distribution - qui également constitue le point faible. Où vais-je acheter le bois ? Comment certifier la qualité du bois, des bûches, des granulés ? Quelle filière existe aujourd'hui ?



Commentaire de CLIMAMAISON :

« Le doute sur la filière énergie-bois est inutilement entretenu par rapport à des besoins énergétiques en milieu rural et péri-rural (autour des villes) qui pourraient être complètement organisés autour de la filière énergétique bois ! »




Sources et liens utiles

www.promodul.fr/confort-thermique.php
www.enr.fr
www.afpac.org
Lettres Thermpresse XPAIR


Pour en savoir plus : dossier
« CHOISIR SON ENERGIE DE CHAUFFAGE »


Juillet 2011

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