Chauffage et rénovation

Choisir son chauffage quand on rénove sa maison n’est pas simple d’apparence. C’est en partie vrai. Sauf si l’on effectue un détachement objectif et si l’on se pose la question : en prenant du recul, quel est mon objectif ? Si j’investis dans une opération de rénovation, quels postes méritent le plus de budget ? La décoration ? Le système de chauffage ?

La question est claire, la réponse est personnelle, néanmoins, si le cœur penche pour une belle décoration, le porte monnaie craint des charges lourdes de chauffage souvent grandissantes si les énergies et les systèmes mis en œuvre ne sont pas des plus performants.

En principe, une opération de rénovation est un investissement qui dure plusieurs années, voire plusieurs dizaines d’années. Le chauffage peut être un poste prépondérant en termes de dépenses, certainement un des plus chers si on n’y prend pas garde.

A notre sens, il faut investir pour obtenir une performance énergétique la meilleure possible. Les objectifs en chiffres donnent en réhabilitation un maximum de 80 kWh/m² et par an, dit référentiel de basse consommation énergétique, pour tous les usages : le chauffage, la climatisation éventuellement, la ventilation, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage. C’est un objectif ambitieux quand on sait qu’une habitation ancienne consomme entre 4 ou 5 fois ce ratio. Mais l’investissement en rénovation s’effectue dans la durée. Il serait regrettable et d’un mauvais calcul de penser qu’il faille faiblement investir maintenant et compléter dans 5 ans. Rénover son système de chauffage, c’est penser à un plan global d’investissement de votre habitation ou immeuble d’habitations.

Plusieurs postes sont concernés, en premier lieu l’isolation thermique extérieure de préférence, voire intérieure si on ne veut pas toucher la façade. Le remplacement des menuiseries et des vitrages également; pensez à des triples vitrages, demandez-les, ils ne sont pas toujours proposés par les artisans !

Et si ces 2 premiers postes ne peuvent être entrepris, pour des raisons de choix d’investissement, le système de chauffage doit être à notre sens dans tous les cas rénové car, quoi qu’il en soit, il occasionnera une importante économie d’énergie. Prenons l’exemple d’un petit immeuble qui resterait mal isolé. Avec un choix de remplacement des menuiseries vitrées seulement, sa consommation passerait de 400 kWh/m²/an à 300 kWh/m²/an certes. Néanmoins, si une pompe à chaleur air/eau haute température est installée, complétée d’une ventilation double flux avec récupérateur d’énergie, la consommation peut ainsi baisser à 100 kWh/m²/an, relativement proche de l’objectif de 80 kWh/m² et par an.

Exemple de pompe à chaleur en remplacement de chaudière


source Ciat



Si le chauffage est prépondérant en rénovation, vers quels systèmes s’orienter ?

Nous conseillons de s’orienter, selon le cas vers les systèmes les plus performants et éprouvés à ce jour, soit :

  • La pompe à chaleur air-eau
    Cette technique d’aérothermie permet de fournir une eau chaude et peut remplacer une vieille chaudière. Le rendement - dit COP - voisin de 3 peut également être exploité pour la production d’eau chaude sanitaire.
  • La chaudière à condensation
    Que l’énergie de base soit le gaz ou le fioul, il n’est plus concevable de remplacer une chaudière par une autre chaudière neuve. La chaudière à condensation permet des rendements supérieurs à 100% grâce à la récupération de chaleur sur les fumées. Plus la température de chauffage est faible, plus la condensation s’effectue, meilleur est le rendement annuel. L’idéal est de délivrer toute l’année une eau chaude inférieure à 55°C. Si un complément d’isolation a été effectué dans la maison ou si l’utilisateur décide de surdimensionner volontairement ses radiateurs, voire met en œuvre un plancher chauffant, la maison pourra profiter du meilleur rendement que puissent donner l’énergie gaz ou l’énergie fioul.
  • Le chauffage électrique direct
    Cette solution est plutôt compatible avec un investissement « isolation thermique ». Tous simplement car un chauffage électrique direct est le système le moins cher à l’investissement. Comparativement à une installation hydraulique à eau chaude. Le report d’investissement sur l’isolation thermique se justifie alors. Néanmoins, les émetteurs doivent être choisis parmi les radiateurs à inertie, les radiants, ou le plancher rayonnant électrique, solution souvent appréciée en rénovation comparativement au plancher chauffant à eau chaude. La régulation et programmation voire l’automatisation dit « domotique » fait parti du concept basse consommation à intégrer dans la solution chauffage électrique.
  • Les systèmes de chauffage à énergies renouvelables comme le solaire ou le bois-énergie sont à privilégier eu égard à leur garantie d’exploitation économique dans le temps.
  • Les émetteurs de chaleur à privilégier sont les radiateurs basse températureà cause de leur participation pour provoquer de bons rendements. C’est le cas des chaudières à condensation et des pompes à chaleur également. Le plancher chauffant fonctionnant obligatoirement à basse température est le meilleur émetteur. Il est certes plus coûteux, mais avec des avantages tels l’esthétique, l’absence de poussières, … que les radiateurs ne permettent pas. Notons également que les solutions de planchers chauffants sont de plus en plus minces pour s’adapter au chantier de rénovation. La hauteur et la charge du plancher chauffant étant des contraintes qui ne sont pas toujours admissibles. Notons également la venue de « murs chauffants » : de même conception que le plancher chauffant, c’est une paroi qui fait office de « radiateur géant ». La contre cloison est alors d’une technique plus facile que le plancher qui de part la hauteur et sa charge est une solution trop facilement exclue. Ces techniques de murs chauffants, utilisées en Allemagne par exemple, le sont dans le cadre de la réhabilitation.


source Oventrop


  • Les systèmes de ventilation double-flux avec récupérateur de calories sont à privilégier. Ils demandent néanmoins deux réseaux d’air, l’un d’air neuf et l’autre d’air extrait. Ces réseaux sont ensuite raccordés sur un caisson VMC à deux ventilateurs avec un échangeur récupérateur de calories. Cet équipement VMC pouvant être couplé à un système encore plus économique surtout en région froide, c’est le puits canadien. J’invite le lecteur à lire le dossier fort intéressant « VMC et puits canadien ».
    Si la contrainte du double réseau est trop contraignante, la ventilation hygroréglable est la solution de repli. Enfin, si ces solutions de ventilation ne sont pas possibles, il existe des solutions particulièrement adaptées à la rénovation désormais déployées en France. C’est la ventilation mécanique répartie, ou « VMR » .
    Rappelons le principe de la VMR : c’est le principe de balayage comme pour la VMC de l’air qui passe des pièces de services vers les pièces humides munis d’extracteurs. C’est une solution de ventilation par aérateurs indépendants qui répond désormais à un réel besoin économique à la fois sur le plan de l’investissement et de l’efficacité énergétique. Pour illustrer ce propos « énergétique » rappelons que la VMR ouvre droit aux prêts Vivrelec Rénovation, produits certifiés et labellisés Promotelec, ils permettent d’obtenir des CEE, fameux Certificats d ’Economies d’Energie.

Le principe de la ventilation mécanique répartie (V.M.R.)







EN RESUME


En rénovation l’objectif doit être ambitieux en matière d’investissement dans le système de chauffage. Les conseillers ne sont certes pas les payeurs, mais c’est un gage de sécurité et d’économies immédiates. Les solutions techniques existent comme dans le neuf. Elles demandent plus de réflexion et d’adaptation mais au final la vision doit décliner des concepts de performance énergétique comme pour le neuf avec l’utilisation de pompes à chaleur, de chaudières à condensation, de capteurs solaires, de techniques de ventilation double-flux, … Le potentiel d’économie de chauffage est trop important pour s’en priver !




Sources et liens utiles




Octobre 2008

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